Comment créer mon jardin partagé ? (1/3) : Le lieu

Si vous n’avez pas été sollicité directement par votre mairie, bailleur ou une association de quartier pour participer à la création d’un jardin partagé et que vous souhaitez prendre les devants, la première étape est de trouver un lieu pour votre projet. Avant toute démarche auprès de vos voisins ou de la commune, il vaut mieux avoir déjà repéré un terrain viable, qui dispose des qualités requises pour en faire un espace d’agriculture urbaine. Lorsque vous solliciterez le propriétaire, vous faciliterez ainsi l’avancée du projet en ayant recueilli les informations nécessaires à la mise en œuvre et apparaîtrez d’autant plus sérieux dans votre démarche.

Repérer un terrain viable

Une friche en centre-ville

Commencez par vous balader dans votre ville ou votre quartier et essayez de trouver des espaces vacants, qui ne servent ni de lieu d’habitation, ni de siège à une quelconque structure et qui semblent inoccupés. Le but étant de trouver un terrain suffisamment grand, sans occupant et donc potentiellement disponible pour accueillir votre projet. Ces friches deviennent rares dans des contextes urbains très denses, mais on a parfois de belles surprises en fouillant un peu ! Attention toutefois aux indices qui laisseraient penser que le terrain est déjà réquisitionné en vue d’un chantier (panneaux de permis de construire, délimitations au sol…).

Il est également possible de s’intéresser aux espaces verts situés en pied de votre immeuble. Quelques pelouses qui servent davantage aux chiens durant leurs promenades qu’aux habitants eux-mêmes peuvent souvent s’avérer de très bons espaces pour installer quelques bacs pour jardiner.

Dans tous les cas, pensez d’ores et déjà à vérifier que le terrain est suffisamment exposé (plutôt le matin ou l’après-midi ? Une partie de la surface reste-t-elle à l’ombre en permanence ?). Vous auriez des difficultés à aménager un jardin partagé dans un lieu qui ne bénéficie qu’une heure ou deux d’ensoleillement par jour. Faites-vous également une idée de la qualité du sol : est-ce de la terre ? Du gravier ? Une dalle ? Est-ce que cultiver en pleine terre pourrait être envisageable ou s’agira-t-il d’un projet hors-sol, avec des bacs par exemple ?

Plus important encore : est-ce que vous imaginez votre projet sur ce terrain ? S’il y a déjà quelques comestibles comme des arbres fruitiers, cela peut être encourageant. Ne vous laissez pas décourager par les hautes herbes et prenez le temps de dessiner mentalement votre jardin…

Exemple de transformation d’une friche à Gennevilliers (92)

Amorcer les démarches administratives

Une fois que vous avez un lieu en tête, renseignez-vous sur son propriétaire : est-ce que le terrain appartient à la mairie ? Une autre collectivité ? Un bailleur ? Une structure qui possède du patrimoine urbain, type EDF ou SNCF ? Cette donnée va rapidement déterminer si oui ou non vous pouvez imaginer votre projet. Il est possible de contacter votre mairie pour avoir des renseignements sur le cadastre ou tout simplement demander aux voisins qui auront peut-être l’information. Une fois le nom du propriétaire en poche, il est temps de le contacter. Lorsqu’il s’agit d’une collectivité ou d’un bailleur social, vous serez souvent orienté assez rapidement sur la personne-ressource qui pourra répondre à vos questions et qui sera la première à informer de votre projet.

C’est le propriétaire du terrain qui discutera avec vous des aménagements à penser sur le site : y a-t-il un point d’eau ou faut-il en installer un ? Est-il nécessaire de faire analyser la terre et de mesurer la pollution du sol ? Faut-il acheter une cabane à outils et du matériel, et si oui le propriétaire peut-il en assumer la charge financière ? Ces considérations détermineront sûrement la faisabilité du projet et le propriétaire du site pourra vous donner une réponse définitive pour mettre en route (ou non) le jardin partagé. A ce stade, le plus dur est fait !

Bon à savoir : Certaines collectivités s’engagent à aménager les sites de jardins partagés « clés en main » et prennent en charge les gros travaux (décaissement du sol, apport de terre végétale, branchement au réseau d’eau…). S’il existe déjà un certain nombre de jardins partagés à l’endroit où vous vivez, il y a de fortes chances pour que ce soit le cas ! Renseignez-vous auprès des outils de communication de la collectivité (site Internet, journal local…).

Un lieu que vous pourrez investir… sous conditions

Une fois que vous avez l’autorisation de créer votre jardin partagé sur ce lieu, n’oubliez pas que vous devrez respecter certaines règles fixées par le propriétaire. Généralement, la formalisation de ces règles se fait via la signature d’un règlement intérieur. Selon les cas, il sera rédigé uniquement par le propriétaire ou en concertation avec les participants du jardin partagé. L’important est de déceler dans ce règlement ce qui devra être pris en compte dans vos modes d’organisation au jardin. Comme critères récurrents on peut évoquer :

  • l’interdiction d’allumer des feux (pensez à bien préciser avec le propriétaire les conditions pour les barbecues… cela pourrait vous intéresser une fois l’été arrivé),
    Jardin en bacs en pied d’immeuble
  • les horaires d’ouverture et l’interdiction de gêner le voisinage : généralement interdit d’accès la nuit, voyez avec le propriétaire si vous pourrez obtenir dérogation lors de l’organisation d’événements festifs, par exemple,
  • l’obligation de cultiver les comestibles en bacs : si le propriétaire suspecte que la terre est polluée, il peut exiger que vous cultiviez des comestibles uniquement hors-sol, c’est-à dire dans des bacs remplis avec du terreau et non pas à même la terre. Il peut également décider de mener des travaux pour importer de la nouvelle terre sur place et vous laissent planter directement au sol.

Si vous êtes constitués en association, vous serez sans doute amenés à signer un second document : il s’agit de la convention de mise à disposition du terrain. C’est le seul papier qui atteste de votre droit d’occuper le site. Selon les propriétaires, la signature de ce document peut être une condition sine qua non pour que vous puissiez avoir accès au terrain (auquel cas vous devrez vous constituer en association avant même de jardiner), ou elle peut être signée plusieurs mois, voire années après le début du projet. Tout dépend de la flexibilité et de la réactivité de votre interlocuteur ! La convention de mise à disposition pose elle aussi quelques conditions à respecter, mais celles-ci relèvent généralement du bon sens : gestion des clés, accès au site, travaux, etc.

Tout au long de la vie de ce jardin partagé, il faudra garder en tête que ces règles sont la garantie pour le propriétaire que vous êtes en mesure de gérer de façon responsable son terrain… et qu’il peut vous laisser organiser la vie au jardin comme vous l’entendez !

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