Des toitures végétalisées pour réguler l’effet d’îlot de chaleur urbain

Des toitures végétalisées pour réguler l’effet d’îlot de chaleur urbain

Le mois de mars 2017 a été le plus chaud enregistré depuis 1900 en France, affichant 2,3°C de plus que la moyenne de référence pour cette période. Chaque année voit maintenant son lot de records de températures, en particulier dans les villes où les citadins subissent l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU).

Les activités humaines (usines, réseaux de chaleur, véhicules…) et les surfaces bétonnées et goudronnées sont responsables de cet écart subi entre villes et campagnes, pouvant aller de 2°C à 7°C, voire 10°C en période caniculaire. Au-delà de l’inconfort de telles températures pour les citadins, l’ICU est responsable de l’aggravation de phénomènes de pollutions atmosphériques par la création de smogs et la concentration de particules au-dessus de la ville. De plus, le réchauffement climatique global renforce les risques sanitaires liés aux canicules en milieu urbain et l’ICU est à ce titre aujourd’hui considéré comme un facteur aggravant de la surmortalité des personnes vulnérables lors des fortes chaleurs estivales.

Écarts de températures liés à l’effet d’ICU en Île-de-France

Végétaliser la ville pour la rafraîchir

L’une des solutions avancées pour réguler cette conséquence de l’urbanisation est de permettre à la végétation de se refaire une place en ville pour assurer ses fonctions d’évapotranspiration. En effet, lors de la photosynthèse, les végétaux transforment l’eau liquide prélevée dans le sol en vapeur d’eau qui se diffuse ensuite dans l’air ambiant et contribue à le rafraîchir. Par ailleurs, les zones d’ombre offertes par les arbres, surtout si leur emprise est importante, permet de conserver des espaces plus frais au cœur de l’agglomération urbaine. Pour contribuer à lutter contre l’effet d’ICU les villes doivent donc être davantage végétalisées non seulement par l’aménagement d’espaces verts, mais également en multipliant les arbres d’alignement. 

Evapotranspiration et ombre, les deux vertus de la végétalisation
Source : APUR 2012

Mais comment faire lorsque le foncier n’est plus disponible ? Les villes qui subissent le plus l’effet d’ICU sont justement celles qui manquent de parcelles à même d’accueillir ces espaces verts dont la surface pourrait avoir un véritable impact sur les températures. Végétaliser les toitures, ces espaces sans usage présents partout dans la ville, devient alors la meilleure alternative pour réduire l’effet d’ICU.

Investir les toitures, de l’extensif à l’intensif

De nombreux acteurs de la ville (collectivités, entreprises, écoles, etc.) se sont déjà investis dans la végétalisation de toitures. Il en existe trois types, différentiés essentiellement selon l’épaisseur de leur substrat :

Structure d’une toiture végétalisée
Source : Natureparif 2011
  • Les toitures extensives (3 à 12 cm de substrat), composées exclusivement de sédums, c’est-à-dire des succulentes rampantes qui nécessitent très peu d’entretien
  • Les toitures semi-intensives (12 à 30 cm de substrat), dont l’épaisseur permet d’intégrer graminées et vivaces
  • Les toitures intensives (>30 cm de substrat), où les arbustes et les arbres trouvent même leur place

Les toitures extensives ont un impact relativement pauvre par rapport aux toitures intensives ou semi-intensives. Si une petite épaisseur de substrat permet d’améliorer nettement l’isolation thermique du bâtiment et de protéger la toiture, elle ne contribue pas significativement au développement de la biodiversité dans la ville et à la rétention des eaux pluviales. Autant de facteurs à prendre en compte lorsque l’on cherche à diminuer l’effet d’ICU et à réhabiliter un écosystème urbain qui subit les effets du réchauffement climatique.

Trois types de toitures (de g. à d. : extensive, semi-intensive, intensive)

Plus chères et demandeuses d’entretien, les toitures semi-intensives et intensives sont donc les seules véritables solutions à envisager pour réguler l’effet d’ICU. Pour être réellement efficace, la végétalisation de la ville doit non seulement être faite sur de grandes surfaces mais également en adoptant des substrats adéquats. Aménager des jardins participatifs en toiture peut être une décision adoptée par les municipalités (comme évoqué lors d’un précédent article), les bailleurs ou encore les entreprises pour apporter de l’usage à ces lieux et assurer leur entretien.

 

 

3 réactions au sujet de « Des toitures végétalisées pour réguler l’effet d’îlot de chaleur urbain »

  1. Exact, les toitures végétales nécessitent beaucoup d entretiens. J y travail de temps en temps. J ai posé des rouleaux de sedum, une plante qui s adapte à toutes les saisons et qui ne demandent pas beaucoup d interventions.
    Jolie article

  2. Exact, les toitures végétales nécessitent beaucoup d entretiens. J y travail de temps en temps. J ai posé des rouleaux de sedum, une plante qui s adapte à toutes les saisons et qui ne demandent pas beaucoup d interventions.
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