Mixité sociale dans les jardins partagés : conseils et points de vigilance

Les recherches en sciences sociales se sont multipliées au sujet des jardins partagés ces dernières années sur une question en particulier : est-ce que les jardins permettent à des personnes de milieux sociaux différents de se rencontrer et d’échanger ? L’une des motivations affichées des porteurs de projets en agriculture urbaine – qu’il s’agisse de collectivités, d’associations ou autres – est de fédérer autour d’un même lieu des voisins qui ne se connaissent pas et qui diffèrent les uns des autres par leurs revenus, leurs classes d’âge, leurs genres, leurs origines ethniques, leurs opinions politiques… L’objectif est donc de créer un brassage diversifié, où des individus aux profils sociaux hétérogènes cohabitent et portent un projet collectivement. La pertinence de cette approche fait pourtant débat, certains observateurs mettant en doute la possibilité de créer une véritable mixité sociale, pressentant que ces projets seront toujours accaparés par les catégories sociales dites dominantes, communément désignées comme les « bobos » du quartier.

En tant que chargée de projets d’agriculture urbaine pour la Ville de Gennevilliers et ayant travaillé auprès d’autres collectivités depuis plusieurs années à ce sujet, je me suis fait un avis personnel sur la question et ai mis au point une méthodologie de projet que je souhaite partager. La conclusion que je retire du terrain est la suivante : oui, les jardins partagés peuvent être vecteurs de mixité sociale mais si tel est le but recherché, il y a un certain nombre de facteurs à prendre en compte, tant dans la conception que dans le suivi du projet, et des écueils à éviter. Et même lorsque l’on suit une méthode rigoureuse, il arrive que les processus classiques de communautarisme ou de domination sociale prennent le pas sur le projet. Lire la suite Mixité sociale dans les jardins partagés : conseils et points de vigilance

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